La naissance officielle de l'IA remonte à la célèbre conférence d'Août 1956, au Dartmouth College (Hanover, New Hampshire), à laquelle participèrent les futurs pointes de la discipline, parmi lesquelles A. Newell, M. Minsky, H. Simon, C. Shannon, et J. Mac Carthy. C'est ce dernier qui proposa le nom d'Artificial Intelligence, affichant par ces termes l'ambition de cette nouvelle discipline : décrire l'intelligence afin de la reproduire dans une machine.
Les premiers programmes d'IA datent également de cette période, bien que des essais antérieurs atypiques et originaux aient eu lieu. C'est à l'occasion de cette conférence que Newell, Shaw et Simon, présentèrent le premier véritable programme d'I.A., le démonstrateur de théorème en logique des propositions (The logic theorist, 1956), qui, partant de propositions initiales données, affichait les démonstrations de théorèmes classiques des mathématiques, parfois sous une forme tout à fait originale...
Peu de temps après, ils présentèrent l'un des pionniers informatiques d'un champs de recherche très prolifique, un programme de jeu d'échec (1957), ainsi que le premier langage d'IA, le LISP (MacCarthy, 1958), fondé sur une approche logique et rationnelle de l'intelligence.
L'idée de machines mimant l'activité mentale humaine n'était pourtant pas neuve, partant des statues mobiles de l'antiquité grecque, passant par Descartes et ses animaux-machines, aux automates joueurs d'échec.
Au 19è siècle, les aspects les plus importants de ce qui allait devenir l'I.A. furent l'œuvre de Leibniz et Boole (1850), qui posèrent les bases d'une logique binaire parfaite pour les ordinateurs, la logique des proposition, améliorée par la suite via l'introduction des prédicat, par Gottlob Frege . Whitehead et Russel, avec leur "Principia Mathematica" (1910) posera les fondements mathématiques de la logique des prédicats, cette avancée majeure permettant aux programmes d'exercer sur des symboles sans avoir à en coder la signification. D'autres auteurs préparèrent le terreau sur lequel pousseraient les premières graines de l'I.A. les mathématiciens Hilbert, puis Gödel (le théorème d'incomplétude, 1930) ainsi que Tarsky, Church et son élève Turing (Indécidabilité et incalculabilité, 1934, 1936).
En parallèle, L'I.A. emprunterait également aux domaines de la biologie et de la cybernétique (Mc Cullock, Pitts, Hebb, Wiener) certains éléments déterminants.