La psychopathologie plonge ses racines dans l’Antiquité. Déjà, les philosophes grecs et les médecins arabes s’efforçaient de comprendre le fonctionnement de l’esprit et de rendre la médecine plus rationnelle, plus scientifique. Cette ambition fut en partie éclipsée durant les périodes d’obscurantisme religieux en Occident, mais elle ressurgit à la Renaissance avec le renouveau de la pensée scientifique.
Sur ces fondations s’est progressivement développée la psychiatrie, dont émergera un peu plus tard la psychopathologie en tant que discipline autonome. Celle-ci s’attache à l’étude des troubles mentaux, une tâche à la fois simple dans son principe et complexe dans ses limites : la frontière entre le normal et le pathologique demeure mouvante, et la notion même de « trouble mental » reste difficile à circonscrire.
Comment alors définir la psychopathologie ? Doit-on se limiter à une approche descriptive, comme le proposent les classifications internationales d’inspiration anglo-saxonne — rigoureuses, mais parfois trop rigides ? Ou bien adopter une approche plus souple et empirique, plus proche de l’expérience clinique, mais aussi plus difficile à délimiter ? Faut-il, en outre, prendre en compte les conceptions qui se développent en marge de la médecine classique ?
Ce chapitre propose un parcours historique de la psychopathologie, puis une tentative de définition, ouvrant ainsi sur plusieurs pistes de réflexion concernant la nature des troubles mentaux et les différentes représentations que l’on peut en avoir.
Il se structure en cinq sections :
- Historique et réflexions
- Psychopathologie : qu’est-ce que c’est ?
- Conceptions anciennes de la maladie mentale (I)
- Conceptions anciennes de la maladie mentale (II)
- Conceptions traditionnelles et approches culturelles marginales